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Histoire de Mariembourg

1) Histoire

Période espagnole

 
 

1546. Les incessants conflits entre la France et l’Espagne vont décider Charles-Quint à verrouiller la traditionnelle voie d’incursions par la Thiérache, Chimay et les vallées de l’Eau Blanche, de l’Eau Noire et du Ry d’Aisne. Marie de Hongrie, gouvernante des Pays-Bas espagnols est chargée par son frère Charles-Quint de déterminer un lieu propice à l’édification d’une Place Forte à laquelle elle donnera son nom : MARIEMBOURG. Le choix se porte sur « Pont à Fresne », près du confluent de l’Eau Blanche et de la Brouffe ; mais cet endroit se trouve en terre liégeoise. L’Evêque de Liège cède les terres de Vérofles contre celles de Herstal appartenant à Marie de Hongrie.Les architectes Donato Boni di Pellizuoli et Jacques du Broeucq sont appelés à tracer les plans de l’ouvrage: la place forte sera un tétragone d’environ 300 m. sur 270 m., munie de quatre bastions et entourée d’un fossé rempli d’eau. La proche terre de la Brouffe sera cédée par l’Abbé de Floreffe pour faciliter l’implantation de la forteresse.

 1549. Charles-Quint visite la Place accompagné de son fils, le futur Philippe II et de ses sœurs Marie de Hongrie et Eléonore d’Autriche ainsi que de sa cour composée de personnalités espagnoles. Parmi les hautes personnalités, on relève la présence de Fernando Alvarez de Tolède, le duc d’Albe général de Charles-Quint.
Les travaux de construction à peine achevés, la place forte subit les assauts des troupes françaises.

Période française

 
 

Le 26 juin 1554, Henri II s’empare de la forteresse après un siège de quatre jours seulement. Le Commandant Philibert de Martigny n’a pu recevoir en temps utile les renforts demandés. La Place prend le nom de HENRIBOURG.
Le Roi de France fait son entrée en compagnie de Diane de Poitiers, du Connétable Anne de Montmorency, d’Antoine de Bourbon Duc de Vendôme et de Jacques d’Albon Maréchal de Saint-André.
Charles-Quint fait alors construire le fort de Charlemont (à Givet) et la place forte de Philippeville (du nom de son fils Philippe). 
 

Période espagnole

 
 

1559. Le traité de Cateau-Cambrésis met un point final aux luttes entre Henri II et Philippe II. La forteresse revient donc aux Pays-Bas espagnols ; la ville reprend son nom de Mariembourg.
Mais les luttes entre les deux puissances ne s’arrêtent pas pour autant : … guerre de trente ans, ainsi qu’une suite quasi ininterrompue de menaces et de batailles.
1629. Un couvent de Sépulchrines –dont on peut encore voir de nombreuses traces -s’établit du côté nord-ouest de la place d’armes. Philippe IV, roi d’Espagne reconnaît officiellement ce couvent le 6 avril 1630. 
 

Une longue période française

 
 

1659 : Le Traité des Pyrénées cède Philippeville et Mariembourg à la France. Mariembourg se trouve donc en deuxième ligne de défense, puis en troisième ligne suite à la prise de Charleroi par Louis XIV. Si Philippeville bénéficie de toute l’attention de Vauban, Mariembourg -qui « est un trou qui a je ne sais combien de défauts et que l’ennemi prendra chaque fois qu’il sera maître de la bataille » (Vauban) - , est pratiquement démantelée.
Le Roi Soleil doit abandonner Charleroi en 1678 ; la place forte de Mariembourg, revenant en deuxième ligne est alors remise en état en 1681 et sa défense est augmentée par l’adduction de quatre demi-lunes ; c’est évidemment le célèbre architecte militaire Vauban qui diligentera ces travaux.
1692. De retour du siège de Namur, Louis XIV et ses fils s’arrêteront dans la Place, accompagnés de la Cour, de Madame de Maintenon et de Saint-Simon qui relate ce séjour dans ses célèbres Mémoires. L’escorte est assurée par les Mousquetaires Gris qui établissent leur camp devant la forteresse.

1692. Le Roi Soleil visite une deuxième fois Mariembourg. Louis XIV avait attribué à la place forte le titre de « Ville Royale » ; l’église devient « Eglise Royale » et les notables portent respectivement le titre de Curé Royal, notaire Royal, Prévôt Royal, etc…
Une longue période de paix règne alors dans la ville. Durant les règnes de Louis XV et Louis XVI, la Place Forte sera maintenue en très bon état. Mais les divers impôts et charges sont très lourds ; le territoire est si exigu que les productions agricoles sont médiocres et insuffisantes; la disette, voire la famine guette les habitants, tant les civils que les militaires.
1788 : Louis XVI convoque les Etats Généraux ; Mariembourg, parmi d’autres places fortes, est incorporée aux Etats du Hainaut.
 

1789 : La révolution française éclate. Le 14 juillet les révolutionnaires prennent la Bastille, trop célèbre prison à Paris. Les Etats Généraux sont convoqués puis l’Assemblée Nationale et la Constituante ôtent tout pouvoir à Louis XVI qui sera condamné à mort par la Convention. L’histoire suit son cours jusqu’à la proclamation de l’Empire par Napoléon Bonaparte en 1804.
Pendant ce temps, à Mariembourg, les officiers municipaux convoquent la population pour une bonne représentation de la ville à Valenciennes ; les citoyens émettent ainsi leurs récriminations. Cette assemblée débouche sur la rédaction d’un cahier des doléances qui sera présenté aux autorités par Charles Darche, maître de forge
Ce Darche, élu le 27 août 1789 secrétaire de la Constituante, présentera la première constitution française à la signature royale le 14 septembre 1791.
Un esprit révolutionnaire s’était installé dans les mentalités, tant parmi le peuple qu’au sein de la bourgeoisie parce que la vie était très difficile à Mariembourg étant donné les charges insupportables et la grande disette.

 1790. Pendant les guerres de l’Empire, nos concitoyens sont présents sur tous les fronts, militaires actifs dans les épopées napoléoniennes; sur 547 habitants de la Ville, 53 mariembourgeois meurent pour la France.
1793. La forteresse n’échappe pas aux exactions des « Sans-Culotte » de Givet et autres faits dont la confiscation des biens de l’église, de la chapelle de la Brouffe, du couvent des Sépulchrines avec saccages, ventes ou destructions inhérents à la révolution. Comme on l’a vu précédemment, la statue Notre-Dame de la Brouffe fut sauvée. Mariembourg se nommera « Avant-poste National » durant quelques temps.

  1815. Défaite des armées napoléoniennes à Waterloo le 18 juin. La forteresse est en état d’alerte ; relation des faits vécus par Narcisse Pinget –mariembourgeois et témoin oculaire :

Composition du conseil de défense :
- Commandant d’armes, président : Alliot - Maire de la ville :Jalhay
- Cdt de la garde nationale : Blanc - Cdt de l’artillerie : Faurest
- Cdt du génie : Pernat.
La garnison comporte une compagnie de Vétérans et environ cent cinquante habitants en état de porter les armes. Le 19 juin dès le matin, les débris de l’armée française en retraite commencent à passer pêle-mêle devant le fort. A trois heures, l’Empereur accablé, accompagné du Général Bertrand, s’arrête pour changer les chevaux de sa voiture. Le Commandant Alliot demande les renforts promis ; l’Empereur répond de faire jeter un bataillon dans la place mais la confusion est telle que l’ordre n’est pas exécuté. Le soir, un canon et son caisson sont amenés et durant les trois jours suivants on recueille quelques éclopés. La défense de Mariembourg sera donc assurée par 400 à 450 hommes.
Le 24 juin, environ 7000 soldats du 2ième corps d’armée Royal Prussien de son Altesse Royale le prince Auguste de Prusse arrivent en vue du fort ; un parlementaire somme le Commandant de se rendre, mais les habitants ne transigent pas avec l’honneur : le long siège de Mariembourg commence ; femmes et enfants vont aider les défenseurs. Les assauts des Prussiens et les échanges d’artillerie dureront un bon mois. Après une longue et opiniâtre bataille, la capitulation fut signée la nuit du 28 au 29 juillet ; les Prussiens rendirent justice à la bravoure de la garnison et accordèrent les plus honorables conditions, soit : -Capitulation – extraits :
- Art.2. La garnison sortira le 30 juillet, à 9 heures du matin avec tous les honneurs de la guerre, drapeaux déployés, tambours battants, mèches allumées ; elle ne sera pas prisonnière de guerre et aura la liberté de se rendre où il lui plaira ; des passeports seront délivrés soit par corps, soit par compagnie et même à chaque individu qui désirera rentrer dans ses foyers ; la garnison mettra les armes sur les glacis, mais, en considération de la bravoure avec laquelle elle s’est défendue, ne cédant la place qu’à la dernière extrémité, S.A.R. laisse les armes à la compagnie de vétérans et aux détachements isolés, et deux pièces de canon, attelées chacune de quatre chevaux, est aussi accordé, mais à condition que M. le commandant donnera sa parole d’honneur qu’il ne se trouve que des propriétés particulières et des objets d’administration.
- Art.3. Les officiers conserveront leurs épées, les sous-officiers leurs sabres, ainsi que les membres de la légion d’honneur. Toutes les propriétés des officiers, sous-officiers et soldats de la garnison seront respectées ; la compagnie des vétérans, ainsi que les isolés se rendront à Paris.

Voici donc un très grand fait de guerre de la forteresse de Mariembourg, un fait peu connu et rarissime ; une poignée d’hommes résistent à une grande armée, capitulent et sortent de la Place avec tous les Honneurs.
Mariembourg va rester sous occupation prussienne trois à quatre mois. Le Congrès de Vienne remanie les frontières en Europe et le Traité de Paris du 20 novembre 1815 attribue Mariembourg aux Pays-Bas. 

 
Période hollandaise

1816. Guillaume Ier visite la forteresse et ordonne la remise en état des murailles, la transformation de la chapelle des Sépulchrines en arsenal et l’érection d’un fort en dehors des remparts près de l’ancien chemin de Roly (aujourd’hui rue des Jardins). Une deuxième visite du roi accordera l’ouverture d’une deuxième porte au nord-est ; porte demandée depuis très longtemps facilitant l’accès vers Roly et Philippeville et aussi vers Fagnolle et Givet.
 

Période Belge et Indépendance

1830. La garnison hollandaise est désarmée par les Mariembourgeois qui espèrent encore un retour à la France, mais désormais, la Ville fait partie de la Belgique naissante.
1831. La Convention de Londres décide de la démolition des fortifications :
Article premier.
« En conséquence des changements que l’indépendance et la neutralité de la Belgique ont apportés dans la situation militaire de ce pays, ainsi que dans les moyens dont il pourra disposer pour sa défense, les hautes parties contractantes conviennent de faire démolir, parmi les places fortes élevées, réparées ou étendues dans la Belgique depuis l’année 1815, en tout ou en partie, aux frais des cours d’Autriche, de la Grande-Bretagne, de Prusse et de Russie, celles dont l’entretien ne constituerait désormais qu’une charge inutile. D’après ce principe, tous les ouvrages des fortifications des places de Menin, Ath, Mons, Philippeville et Marienbourg seront démolis pour le 31 décembre 1833. »
Il en est donc fini de la forteresse de Mariembourg.

 

2) Faits marquants

 

Une école régimentaire

Mariembourg, place militaire va conserver une caserne. Elle abritera une Ecole régimentaire où se succèdent le 11ième Régiment de Ligne, le 1ier Régiment de Chasseurs à pied et enfin le 8ième de Ligne ; cette école fermera en 1914.
 

1854. L’arrivée du chemin de fer

 
 
ligne 156.jpg
Avant 1900 sur la ligne 156

La construction du chemin de fer de Charleroi à Vireux-Molhain (ligne 132) et de Mariembourg à Couvin (ligne134) et ensuite, en 1858, de Chimay à Hastière (ligne 156) va favoriser le développement de la ville, y amenant de nombreux habitants et quelques entreprises hors des murailles démolies de la place forte.

Mariembourg devient donc un nœud ferroviaire important qui rallie cinq grandes destinations importantes pour les liaisons qu’elles permettent dans la Belgique et vers la France (Vireux et Hirson).


 

La 1ière guerre mondiale

 
bombardée.jpg 
L’école des garçons bombardée

1914. Le 24 août, le 127ième d’infanterie française a mission de retarder l’avancée des troupes allemandes. La bravoure fut au rendez-vous face au 100ième régiment allemand de grenadiers de réserve ; les Français tinrent jusqu’à 17 heures mais l’adversaire fit payer cette résistance en incendiant 65 maisons et 30 granges ou écuries sur les 180 immeubles existants. Les dévastations durèrent deux longues journées.

Après la guerre, fut édifié le « Cimetière d’honneur », haute colonne sur le fût de laquelle était gravée cette inscription : « A la mémoire des braves soldats belges, français et allemands tombés pour leur patrie le 24 août 1914. »

N.B. Le projet de contrat du 25 août 1918 donné par M. le Commissaire d’arrondissement de Philippeville, avalisé par le Conseil communal de Mariembourg le 10 septembre suivant (C.c.n°264) stipule que la commune recevra annuellement 10 marks de prime fixe, 2 marks par tombe jusqu’à cent et un mark au-delà de cent à condition de respecter les exigences du contrat.

En 1918, le cimetière d’honneur contenait les dépouilles mortelles de 58 français, 52 allemands, 10 inconnus.

Stèle allemande récupérée vers 1970 …
HEINRICH
TIEMANN
WI. KP. 131
+ 18.10.18

au verso est gravé le nombre 305.


 

La 2ième guerre mondiale

1940. Le 10 mai, l’aviation allemande bombarde de nombreuses villes belges. Mariembourg se trouve, comme le prouve un document bien connu, sur une des voies d’invasion, soit : Florennes, Philippeville, Mariembourg, Rocroi… Paris.
Le 15 mai, le 5ième Escadron d’autos-mitrailleuses mène un combat d’arrière-garde.
Quelques habitations et ateliers seront détruits. La vie de guerre s’installe.
Septembre 1944, arrive par le chemin de « Pont à Fresnes » un convoi de libérateurs.